Abdourahmane Diouf, ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, a pris la parole lors de l’Assemblée générale de la coalition Diomaye Président en réponse aux critiques d’Ousmane Sonko.
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Suite de l’article : À Dakar, lors de ce rassemblement politique récent, il a affirmé que la coalition serait à l’origine de l’élection de Diomaye Faye et a lancé la campagne pour une candidature en 2029. La déclaration visait à contrer l’affirmation selon laquelle 90% de l’électorat de Diomaye provenait de Pastef.
Le ton des interventions a rapidement échauffé le débat gouvernemental et suscité des réactions des partisans pro-Pastef, qui ont interprété ces propos comme une tentative de diviser le tandem exécutif.
La sortie intervient dans un climat politique tendu entre la coalition au pouvoir et l’opposition incarnée par Pastef, quelques mois après des scrutins locaux et législatifs marqués par des recompositions d’alliances et par des accusations réciproques sur la paternité des succès électoraux.
Le choix des faits mis en avant par le ministre révèle une stratégie communicationnelle précise: attribuer à la coalition la paternité exclusive de la victoire présidentielle. Cette approche repose sur plusieurs éléments concrets. D’abord, la coalition Diomaye Président a effectivement porté une campagne visible et structurant un réseau de relais locaux qui a contribué à la mobilisation le jour du vote. Ensuite, la coalition a formalisé des engagements et des promesses adressées à des groupes sociaux clés, ce qui a renforcé son ancrage territorial. Enfin, la présence d’appareils militants et la logistique électorale de la coalition ont été des facteurs observables dans plusieurs bureaux de vote.
Pour autant, la présentation d’une victoire comme l’œuvre d’un seul camp occulte des réalités mesurables. L’électorat de Diomaye Faye a montré des segments hétérogènes, incluant des soutiens venus de Pastef, des abstentionnistes ralliés au dernier moment et des électeurs motivés par des enjeux locaux plutôt que par des identités partisanes strictes. Les données de participation et la cartographie des suffrages indiquent des flux de vote qui ne s’expliquent pas uniquement par la présence d’une coalition structurée.
Sur le plan politique, revendiquer la responsabilité exclusive d’une victoire comporte des risques factuels et stratégiques. En termes de légitimité, l’appropriation totale du succès électoral réduit la visibilité des alliances formelles ou informelles qui ont contribué au résultat, et la mise à l’écart de partenaires potentiels peut affaiblir la stabilité d’une majorité. Sur le plan social, exclure du récit électoral des catégories d’électeurs susceptibles de se sentir ignorées favorise le ressentiment et la polarisation, surtout si ces électeurs constatent que leurs attentes ne sont pas reconnues.
La tactique rappelle, par comparaison, des stratégies observées ailleurs où une formation dominante proclame la propriété d’une victoire collective et finit par aliéner des alliés. Par comparaison, des coalitions inclusives qui reconnaissent publiquement les contributions réciproques tendent à consolider leur base plus efficacement.
Les précédents électoraux montrent que l’alliage entre mobilisation de terrain, communication nationale et reports de voix est rarement l’œuvre d’un seul acteur. Les études de comportement électoral soulignent l’importance des transferts de voix entre partis et de la volatilité des électeurs urbains. Les observateurs indépendants ont documenté aussi des cas où l’absence de reconnaissance des partenaires politiques a conduit à des ruptures d’alliance avant des échéances majeures, fragilisant des gouvernements naissants.
Les faits établissent que la coalition Diomaye Président a joué un rôle significatif dans l’élection de Diomaye Faye, mais les données disponibles montrent aussi une composition électorale mixte et des contributions externes. Présenter la victoire comme l’œuvre exclusive de la coalition s’appuie sur une lecture sélective des éléments vérifiables et pose un risque politique réel: affaiblir la légitimité perçue du président et attiser le ressentiment chez des électeurs et des partenaires qui ne se reconnaissent pas dans ce récit. La capacité du pouvoir à durer dépendra en partie de sa faculté à reconnaître la pluralité des soutiens et à intégrer ces acteurs dans un récit collectif.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mounass N.
Mis en ligne : 23/04/2026
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