Le 5 mars 2026, Ibrahima Sy, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique du Sénégal, a présenté les conclusions d’une enquête conjointe sur l’entreprise Softcare et ses produits.
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Suite de l’article : L’enquête, conduite avec des laboratoires tiers dont GALAB et SGS, a déclaré l’absence de substances dangereuses et a remis en cause la décision de retrait de certains produits du marché, alléguée par l’ARP. Le décret n°2023-2420 du 27 décembre 2023 encadre la surveillance du marché concerné.
Malgré ces éléments factuels, la communication officielle et les épisodes médiatiques successifs ont laissé subsister des zones d’ombre. Le ministre a parlé d’analyses indépendantes confirmant la conformité, mais des incohérences relevées dans les inspections officielles et l’absence de prélèvements scellés alimentent encore le doute public.
Les enquêteurs ont pointé des défauts de traçabilité et des lacunes dans les rapports d’inspection, et le comité ad hoc a estimé que la décision de retrait ne reposait pas sur une preuve matérielle. Softcare a annoncé des actions en justice contre les dénigrements.
La juxtaposition de conclusions scientifiques favorables et de procédures administratives bâclées crée un terrain propice à la défiance des consommateurs. D’un côté, les résultats de GALAB et de SGS placent les produits dans la conformité aux normes internationales et aux exigences sénégalaises. De l’autre, l’existence de rapports d’inspection comportant des « défauts d’identification et de traçabilité », l’absence de prélèvements et le non-respect des règles de mise sous scellés jettent une ombre sur la chaîne de preuve. Ces éléments factuels affaiblissent la capacité des autorités à rassurer de manière durable.
Conséquences observables: retrait d’achats de produits concurrents sur certains marchés locaux, hausse des requêtes de consommateurs auprès des distributeurs et multiplication des conversations alarmistes sur les réseaux sociaux. La confiance ne se reconstruit pas uniquement par des communiqués techniques; elle exige une procédure transparente et reproductible. La décision administrative initiale présentait un contraste avec les protocoles exigés par le décret de décembre 2023, ce qui favorise la perception d’arbitraire.
Les failles procédurales documentées suffisent à expliquer une perte durable de confiance. Quand un rapport d’inspection omet de prélever un échantillon ou de sceller des produits, la présomption de risque persiste, même si des laboratoires indépendants attestent de la conformité. La répétition d’informations contradictoires dans l’espace public accroît la défiance et rend plus probable l’abstention d’achat: les consommateurs privilégient des marques perçues comme « sans risque » ou importées, comparables à des produits européens, ou se tournent vers des solutions artisanales locales par précaution. Sur le plan économique, cela expose Softcare à une érosion de parts de marché et à des coûts juridiques, tandis que les distributeurs portent le risque de ruptures et de surstock.
Des études de confiance consommateurs montrent que la transparence procédurale pèse autant que les résultats d’analyse sur la décision d’achat; une inspection mal conduite réduit de façon durable la confiance, selon des enquêtes comparables dans le secteur agroalimentaire et pharmaceutique. À l’échelle internationale, des rappels fondés sur des preuves matérielles rétablis sent la confiance plus rapidement que des retraits administratifs contestés.
Les conclusions scientifiques favorables ne suffisent pas, dans l’immédiat, à effacer l’effet des manquements procéduraux et de la communication hésitante autour de l’affaire Softcare. Les lacunes dans la traçabilité et l’inspection, assorties d’une couverture médiatique conflictuelle, ont installé une méfiance durable chez les consommateurs sénégalais. Rétablir la confiance exigera des preuves matérielles irréfutables, des procédures conformes au décret en vigueur et une communication claire et continue, faute de quoi des consommations évitables et des pertes économiques resteront probables.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Mounass N.
Mis en ligne : 10/04/2026
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