Choguel Maïga et Macron : Au-delà du bras de fer politique - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Maimouna | Publié le 26/05/2026 04:05:30

Choguel Maïga et Macron : Au-delà du bras de fer politique

À travers sa réponse aux déclarations d’Emmanuel Macron sur le départ des forces françaises du Mali, Choguel Maïga cherche manifestement à défendre la souveraineté de son pays et à justifier les choix opérés par les autorités de transition.

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Suite de l’article : Toutefois, en lisant attentivement ses propos, je considère qu’ils relèvent davantage d’un discours politique destiné à renforcer une posture nationaliste que d’une analyse lucide des conséquences du retrait français sur la sécurité du Mali et de la région sahélienne.

Depuis plusieurs années, le Mali traverse une crise multidimensionnelle marquée par le terrorisme, l’instabilité politique et la fragilité institutionnelle. L’intervention militaire française, notamment à travers les opérations Serval puis Barkhane, avait été initialement saluée par une grande partie de la population malienne en 2013. Sans cette intervention, il est probable que plusieurs grandes villes maliennes seraient tombées durablement sous le contrôle des groupes djihadistes. Certes, les résultats obtenus au fil des années ont été jugés insuffisants, et les critiques contre la présence française se sont multipliées. Mais réduire cette coopération sécuritaire à une simple entreprise d’ingérence française me paraît excessif.

Dans son message, Choguel Maïga accuse Emmanuel Macron d’avoir « abandonné » le Mali et d’avoir pris seul la décision du retrait des troupes françaises. Pourtant, il faut rappeler que les relations entre Bamako et Paris étaient déjà profondément dégradées à cause des tensions diplomatiques répétées, des campagnes antifrançaises et du rapprochement assumé du Mali avec la Russie. Dans ce climat de défiance, le maintien des forces françaises devenait politiquement presque impossible.

Je pense également que le discours des autorités maliennes entretient volontairement une confusion entre souveraineté politique et efficacité sécuritaire. Revendiquer son indépendance est légitime pour tout État. Cependant, la souveraineté ne doit pas devenir un slogan utilisé pour masquer les difficultés persistantes du pays. Depuis le départ des forces françaises et de la MINUSMA, les attaques terroristes continuent malheureusement de frapper plusieurs régions maliennes. Les populations civiles demeurent les premières victimes de cette insécurité chronique.

L’histoire récente montre d’ailleurs que plusieurs pays confrontés au terrorisme ont souvent dû compter sur des alliances internationales pour stabiliser leur territoire. L’Afghanistan, le Niger ou encore l’Irak illustrent les limites d’une lutte isolée face aux groupes armés transnationaux. Même des puissances militaires importantes coopèrent régulièrement avec des partenaires étrangers lorsqu’il s’agit de sécurité régionale.

Je trouve également regrettable que le débat public autour de la présence française soit devenu aussi émotionnel. En présentant la France comme l’unique responsable des difficultés du Mali, certains dirigeants alimentent une rhétorique de confrontation qui empêche une réflexion plus profonde sur les problèmes internes du pays : faiblesse de l’État, pauvreté, corruption, fractures communautaires et manque de perspectives pour la jeunesse.

Enfin, si Choguel Maïga se réjouit aujourd’hui du retour de la « dignité » et de la « souveraineté » du Mali, je pense qu’il faudra juger cette nouvelle orientation à ses résultats concrets. La véritable souveraineté ne se mesure pas seulement à la rupture avec une ancienne puissance partenaire, mais surtout à la capacité d’un État à garantir durablement la sécurité, la stabilité et le bien-être de sa population. Sur ce terrain, le Mali reste malheureusement confronté à d’immenses défis.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 26/05/202
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