L’annonce a fait l’effet d’une bombe : Moussa Bala Fofana, ministre de l’Urbanisme, quitte PASTEF tout en restant au gouvernement.
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Suite de l’article : Il justifie son choix par un « devoir envers la Nation », préférant, dit-il, achever ses chantiers plutôt que de suivre les orientations de son parti. Je ne peux m’empêcher de voir dans cette décision un calcul politique déguisé en grandeur morale. Oui, je l’assume : cette démission sonne comme une trahison des idéaux collectifs au profit d’un confort personnel.
Le Sénégal traverse une période charnière. PASTEF, parti phare de l’opposition devenu force majeure en 2024, a choisi de ne pas participer au gouvernement de Bassirou Diomaye Faye, en raison de divergences profondes sur la gouvernance. Ousmane Sonko, son leader, a publiquement pointé du doigt des ministres reconduits qui, selon lui, ont tourné le dos aux engagements du parti. Parmi eux, Moussa Bala Fofana, reconduit pour la troisième fois à son poste. Son départ de PASTEF s’inscrit donc dans une crise plus large : celle de la cohésion d’une majorité politique en lambeaux.
Le ministre assume sa décision avec une solennité calculée. « Un patriote peut démissionner d’un parti, mais jamais de la Patrie », déclare-t-il. Belle formule, mais creuse. Comment peut-on servir la Nation en restant dans un gouvernement que son propre parti rejette ? Fofana affirme avoir agi « en toute liberté et à titre personnel », comme si la loyauté partisanne était un accessoire superflu. Pourtant, c’est bien PASTEF qui l’a porté au pouvoir, et c’est bien son programme qui a séduit les Sénégalais. En quittant le navire, il abandonne ceux qui ont cru en lui, tout en conservant les avantages du poste.
Son argument selon lequel « le Président ne m’a jamais parlé de projet politique » est un leurre. La politique, c’est précisément l’art de concilier conviction et action collective. En refusant de choisir entre son parti et son fauteuil, il a choisi… son fauteuil.
Premièrement, la cohérence exige des actes. Si Fofana estimait que PASTEF avait tort, il aurait dû démissionner du gouvernement pour marquer son désaccord. En restant, il valide une ligne politique qu’il prétend désapprouver. Deuxièmement, il affaiblit PASTEF. Son départ fragilise un parti déjà sous tension, au moment où Sonko tente de maintenir une opposition unie face à un exécutif qu’il juge déconnecté des promesses électorales.
Enfin, l’histoire politique regorge d’exemples édifiants. En France, des ministres comme Nicolas Hulot ou François Bayrou ont démissionné quand leurs valeurs entraient en conflit avec celles de leur gouvernement. Au Sénégal, des figures comme Sidy Alpha Ndiaye ont préféré quitter plutôt que de cautionner un système qu’ils jugeaient déviant. Fofana, lui, préfère le strapontin ministériel à l’intégrité.
En Belgique, des ministres démissionnant de leur parti pour rester au gouvernement ont souvent provoqué des crises institutionnelles, tant leur geste était perçu comme une trahison. En France, les « transfuges » comme Belinda Stronach (Canada) ou les ministres LR sous Macron ont été sévèrement critiqués, voire exclus de leur formation politique. Au Sénégal, on assiste à la même comédie : un homme qui se dit « patriote » mais qui, en réalité, place son intérêt au-dessus de tout.
Moussa Bala Fofana a le droit de quitter PASTEF. Mais il n’a pas le droit de prétendre servir la Nation tout en sabotant l’unité de son camp. Son choix n’est pas celui d’un patriote : c’est celui d’un opportuniste qui, sous couvert de grandeur, fuit ses responsabilités. La vraie loyauté, c’est de rester cohérent. La vraie responsabilité, c’est d’assumer les conséquences de ses actes.
Je le dis sans ambiguïté : quitter son parti pour garder son poste, ce n’est pas du courage. C’est de la lâcheté déguisée en vertue. Et ça, le peuple sénégalais ne s’y trompera pas.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 09/06/2026
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