Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a clarifié sa position sur les relations entre l’Assemblée et l’exécutif lors d’une interview récente sur France 24.
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Suite de l’article : Il a affirmé qu’aucun « chèque en blanc » n’était accordé au gouvernement, tout en précisant que la majorité parlementaire n’entendait pas se placer dans une logique de confrontation systématique. Sonko a ajouté que la motion de censure restait disponible si les circonstances l’exigeaient, à ses yeux.
Il a aussi indiqué que le gouvernement venait d’être installé et qu’il convenait de lui laisser le temps nécessaire pour déployer sa politique, posant ainsi un cadre institutionnel à son intervention.
La déclaration combine retenue et rappel des prérogatives constitutionnelles, un mélange qui mérite d’être analysé selon l’angle d’une maturité démocratique où l’Assemblée affirme un contrôle responsable tout en permettant à l’exécutif d’agir. En insistant sur le refus d’un soutien automatique, Sonko articule deux principes parallèles: sauvegarder l’autonomie du Parlement dans son rôle de contrôle et éviter les cabales politiciennes qui videraient l’action publique de son efficacité. Sa formule « Nous ne serons pas dans des logiques politiciennes de censurer pour régler des comptes » illustre cette volonté de distinction entre opposition politique et contrôle institutionnel.
Sur le plan des mécanismes, la motion de censure reste un levier constitutionnel concret que l’Assemblée peut mobiliser; elle n’est plus présentée comme un outil de règlement de comptes mais comme une réponse ordinalisée à des manquements ou à des crises politiques. Le fait que Sonko rappelle aussi que l’Assemblée doit voter les lois et contrôler l’action gouvernementale renvoie à une vision institutionnelle où chaque pouvoir tient sa fonction, ce qui favorise la stabilité du système. Les outils du Parlement comprennent le vote des lois, l’interpellation des ministres, le travail en commissions et, le cas échéant, la motion de censure; ces instruments permettent d’exercer un contrôle sans chercher à paralyser l’exécutif.
La démarche évoquée se compare à des pratiques observées dans d’autres parlements où l’option d’un dialogue constructif a permis de stabiliser l’action publique après des périodes d’alternance. À l’inverse, elle se distingue des contextes où une opposition systématique a conduit à l’impasse législative et à l’affaiblissement des politiques publiques. En choisissant d’accorder un délai d’observation au gouvernement récemment formé, l’Assemblée met en avant un pragmatisme institutionnel: laisser la mise en œuvre des politiques commencer tout en se réservant la faculté d’intervenir si la confiance venait à se rompre.
Ce positionnement favorise un dialogue apaisé au service des citoyens en réduisant le risque d’un affrontement permanent qui nuirait aux services publics et à la continuité des politiques. La deuxième citation de Sonko, « Nous n’avons pas besoin d’être de grands amis pour que cela fonctionne », résume l’idée d’une coopération civique fondée sur le respect des rôles plutôt que sur des affinités personnelles. Enfin, la combinaison d’exigence et de patience parlementaire pose un cadre favorable à la responsabilité démocratique: l’Assemblée conserve ses moyens d’action tout en laissant au gouvernement la possibilité de prouver son efficacité.
En synthèse, la posture affichée par le président de l’Assemblée conjugue fermeté institutionnelle et volonté de dialogue. Elle souligne que le contrôle parlementaire n’implique pas systématiquement l’obstruction, mais peut se traduire par une surveillance rationnelle et graduée des actions gouvernementales. Cette approche, factuelle et structurée, offre une perspective de maturité démocratique qui privilégie la stabilité institutionnelle et l’intérêt des citoyens.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Abdoulaye Sow.
Mis en ligne : 18/06/2026
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