Thierno Alassane Sall : Plainte et diversion dans l'affaire Aser - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Justice | Par Maimouna | Publié le 02/07/2026 02:07:30

Thierno Alassane Sall : Plainte et diversion dans l'affaire Aser

Je ne peux rester indifférent face à la dernière réplique de Thierno Alassane Sall. Dans un post intitulé « Quand le vice porte plainte », il réagit à la plainte déposée contre lui par AEE Power EPC, l’entreprise espagnole au cœur du scandale des 37 milliards de FCFA.

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Suite de l’article : Derrière cette joute judiciaire, je vois une manœuvre délibérée : détourner l’attention des vraies questions. Où sont passés ces milliards ? Pourquoi les Sénégalais continuent-ils de subir des coupures d’électricité alors que ces fonds devaient financer l’électrification de 1 740 villages ?

L’affaire Aser est emblématique des dérives qui minent la gouvernance au Sénégal. En juin 2024, l’État a versé une avance de 56 millions d’euros (37 milliards de FCFA) à AEE Power EPC pour un projet d’électrification rurale. Pourtant, selon des documents bancaires révélés par la justice espagnole, près de 30 milliards se sont évaporés en seulement 48 jours, laissant un solde dérisoire de 1 346 euros en février 2026. Pendant ce temps, seules 25 localités ont été électrifiées sur les 1 740 prévues. Les alertes bancaires, ignorées dès septembre 2024, et les pressions présumées pour lever les suspensions n’ont fait qu’aggraver la situation.

Je constate que Thierno Alassane Sall, en dénonçant les « vampires » qui refusent de coopérer avec la justice espagnole, met le doigt sur une réalité accablante. AEE Power EPC, sourde aux interpellations citoyennes, préfère attaquer ses détracteurs plutôt que de répondre aux questions sur l’utilisation des fonds. Le gouvernement, lui, a d’abord nié tout scandale avant d’évoquer des « retards douaniers », une explication bien légère face à l’ampleur des sommes en jeu. Pire, l’entreprise refuse de répondre à la justice de son propre pays, l’Espagne, tout en multipliant les plaintes au Sénégal.

Je suis convaincu que cette judiciarisation du débat n’est qu’un leurre.

Premièrement, les chiffres sont accablants : 37 milliards décaissés, 30 milliards disparus en deux mois, et un solde de 1 346 euros. Deuxièmement, les résultats sont catastrophiques : 25 villages électrifiés au lieu de 1 740, alors que des milliers de Sénégalais subissent encore des coupures d’électricité quotidiennes. Troisièmement, les révélations du journaliste Bachir Fofana, confirmées par des pièces bancaires, montrent que les fonds ont été détournés vers des honoraires d’avocats en Côte d’Ivoire et ailleurs, ainsi que vers des comptes opaques. Enfin, comment expliquer qu’une entreprise qui fuit la justice espagnole ose porter plainte au Sénégal contre ceux qui osent poser des questions ?

Cette affaire me rappelle d’autres scandales énergétiques en Afrique.

Au Nigeria, des milliards de nairas ont été détournés dans des projets d’électrification, laissant des millions de citoyens dans le noir. En Afrique du Sud, les contrats opaques avec Eskom ont plongé le pays dans une crise énergétique sans précédent, avec des coupures quotidiennes et une dette abyssale. Au Ghana, des fonds destinés à l’électrification rurale ont été détournés, laissant des communautés entières sans accès à l’électricité.

Partout, le même schéma se répète : des fonds publics détournés, des populations abandonnées, et des responsables qui se cachent derrière des procédures judiciaires interminables pour éviter de rendre des comptes.

Je conclus que la véritable tragédie n’est pas la plainte d’AEE Power EPC contre Thierno Alassane Sall, mais bien l’impunité qui semble protéger ceux qui ont laissé disparaître 37 milliards et privé des milliers de Sénégalais d’un accès fondamental à l’électricité.

La justice sénégalaise et internationale doit cesser de se laisser distraire par les batailles d’avocats et les déclarations incendiaires. Il est temps de se concentrer sur l’essentiel : où sont passés ces milliards, qui en porte la responsabilité, et comment garantir que les Sénégalais ne paient plus le prix de cette gabegie ? Les citoyens méritent des réponses claires et des actions concrètes, pas des divertissements judiciaires.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 02/07/202
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