Je ne peux rester indifférent face à l’analyse cinglante de Thierno Bocoum sur la réforme constitutionnelle en cours. L’opposant y déconstruit méthodiquement les arguments des promoteurs du texte, révélant des contre-vérités et des manipulations qui devraient alerter chaque citoyen.
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Suite de l’article : Je le dis sans détour : cette réforme, loin d’améliorer notre État, menace l’équilibre même de notre République. Et je vais vous expliquer pourquoi.
Le candidat Bassirou Diomaye Faye et le mouvement Pastef avaient promis, pendant la campagne, la suppression du poste de Premier ministre au profit d’un Vice-président élu. Or, le projet actuel fait exactement l’inverse : il renforce les pouvoirs d’un Premier ministre non élu, sans aucune consultation populaire. Les Sénégalais n’ont jamais été interrogés sur ce transfert de compétences. Pire, le texte adopté diffère du projet initial, avec des modifications majeures comme l’article 57, absent de l’avant-projet public. Où est passée la transparence ?
Thierno Bocoum a raison de souligner trois failles graves. D’abord, l’affaiblissement de la justice : la future Cour constitutionnelle sera privée de son pouvoir de contrôler les actes internes de l’Assemblée nationale. Résultat ? Un déséquilibre institutionnel inquiétant, où la majorité parlementaire échappe au regard du juge.
Ensuite, le renforcement démesuré de l’Exécutif. Le Premier ministre, non élu, pourra désormais déterminer la politique de la Nation, présider le Conseil des ministres par délégation, et engager la responsabilité du gouvernement sur le budget. Une concentration des pouvoirs qui réduit le Parlement à un rôle de figurant.
Enfin, l’irrecevabilité juridique et financière. Le Conseil constitutionnel avait explicitement exigé la suppression de l’article 4 – il a été maintenu. Quant au coût exorbitant de cette réforme (nouvelle Cour, référendum éventuel), les auteurs du texte ont eux-mêmes avoué vouloir réduire le nombre de juges de 9 à 7 pour « ne pas alourdir les charges publiques ». Un aveu d’improvisation et de légèreté.
Je m’inquiète, car l’Histoire nous montre que les réformes constitutionnelles mal préparées sont souvent des bombes à retardement. En Afrique, des tentatives similaires ont conduit à des crises institutionnelles, voire à des coups d’État (Niger, Burkina Faso, Guinée). Quand les institutions sont manipulées pour servir des intérêts partisans, c’est la légitimité même de l’État qui est sapée.
Au Sénégal, cette réforme crée un déséquilibre des pouvoirs sans précédent. Un Premier ministre non élu, doté de prérogatives étendues, peut déstabiliser durablement notre système. Sans contre-pouvoirs solides, sans contrôle judiciaire effectif, nous glissons vers un régime hyper présidentiel déguisé, où les promesses démocratiques ne sont plus que des mots creux.
Regardons autour de nous. En Côte d’Ivoire, les réformes constitutionnelles controversées ont exacerbé les tensions politiques. Au Burkina Faso, la modification de la Constitution en 2014 a provoqué une crise institutionnelle et une révolte populaire. En Guinée, le troisième mandat de Condé, obtenu par une réforme constitutionnelle, a plongé le pays dans l’instabilité. Le Sénégal mérite mieux que de répéter ces erreurs.
Une Constitution, c’est le patrimoine commun de la Nation, pas un jouet entre les mains d’une majorité. Cette réforme, mal préparée, opaque et dangereuse, risque de déstabiliser nos institutions, d’affaiblir notre démocratie et de coûter cher aux contribuables sans garantie de progrès.
Je le dis avec gravité : il faut rejeter ce projet. Non par principe, mais parce que son adoption serait une erreur historique. Le peuple sénégalais a le droit – et le devoir – de dire NON pour préserver l’équilibre de notre République. Notre avenir en dépend.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 06/07/2026
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