Flux illicites : Comment l'Afrique perd sa richesse - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Afrique | Par Maimouna | Publié le 11/08/2026 05:08:00

Flux illicites : Comment l'Afrique perd sa richesse

Jeudi, António Guterres, secrétaire général des Nations unies, a appelé à la fin du pillage des ressources naturelles.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »

Suite de l’article : Il s’est exprimé mercredi lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la gouvernance des ressources naturelles et a proposé de garantir la justice pour les pays et les communautés détentrices de ressources et d’endiguer les flux illicites.

La réunion a réuni des responsables internationaux et des délégations nationales, dont Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, et Ngozi Okonjo-Iweala, directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce. Les intervenants ont rappelé que des ressources abondantes restent associées à des conflits et à des gains extérieurs.

Cette séance intervient alors que plusieurs pays riches en matières premières connaissent des violences ou des fragilités institutionnelles liées à l’exploitation minière et forestière.

Les faits rapportés pendant la session donnent à lire une tension entre discours et pratiques internationales. António Guterres a insisté sur le droit des communautés à bénéficier des ressources de leur territoire, déclarant: « Les pays et les communautés doivent être les premiers et principaux bénéficiaires des ressources qui se trouvent sur leur propre territoire. » Des rapports des Nations unies et d’organisations non gouvernementales documentent cependant la persistance de circuits parallèles qui permettent l’exportation illicite de minerais et l’enrichissement d’acteurs extérieurs, tandis que les États hôtes voient peu d’amélioration de leurs services publics.

La République démocratique du Congo figure au centre de ces constats. Le sous-sol congolais alimente des chaînes de valeur internationales pour le cobalt, le coltan, l’or et le cuivre; des enquêtes du Conseil de sécurité et du bureau des Nations unies en RDC ont identifié des groupes armés et des réseaux criminels impliqués dans l’extraction et le commerce illégal. Ces pratiques s’accompagnent d’interventions de compagnies étrangères, d’achats par des intermédiaires internationaux et d’un poids important d’acteurs extérieurs dans des marchés peu régulés. Sierra Leone a connu un parcours comparable avec le diamant, où des revenus ont financé des factions armées, et l’Angola illustre comment les recettes pétrolières peuvent coexister avec une forte inégalité sociale.

Des voix institutionnelles ont mis en garde contre l’utilisation des ressources pour financer des conflits. Ngozi Okonjo-Iweala a affirmé que « les minerais qui se trouvent sous le sol de l’Afrique ou de toute autre région en développement ne devraient jamais servir à financer les conflits. » Ces avertissements rejoignent des constats sur des mécanismes concrets: ventes à des entreprises étrangères sans transparence, emprunts garantis par des ressources, et ventes d’armes alimentées par des contrats miniers ou pétroliers. Les échanges commerciaux et les investissements externes, lorsqu’ils se déroulent sans contrôle rigoureux, créent des opportunités pour des transferts illicites de valeur hors des pays concernés.

Les données publiques et les rapports d’experts montrent que l’action conjointe des États, des entreprises multinationales et de réseaux criminels maintient des flux qui privent les populations locales des bénéfices attendus. La gouvernance nationale reste souvent affaiblie par des cadres réglementaires insuffisants, par des institutions fiscales peu efficaces et par des formes d’ingérence économique extérieure. Les exemples cités pendant la réunion du Conseil soulignent l’écart entre les déclarations de principe et la réalité des marchés et des intérêts stratégiques.

La mise en lumière des cas et des mécanismes n’efface pas la responsabilité documentée des acteurs internationaux qui profitent des ressources sans transférer les bénéfices aux sociétés concernées. Tant que la transparence des contrats, la traçabilité des flux et la responsabilité des entreprises étrangères resteront limitées, les appels à protéger les ressources risquent de rester des déclarations sans effet concret pour les populations qui habitent ces territoires.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Charles D.
Mis en ligne : 11/08/2026

La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.


Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Réagir à cet article

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

0 commentaires

Copyright © 2023 www.notrecontinent.com

To Top