Rien d’étonnant avec ce staff : Le silence embarrassant à l’ONU - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Emmanuel | Publié le 26/09/2025 09:09:15

Rien d’étonnant avec ce staff : Le silence embarrassant à l’ONU

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Lors de la 80e Assemblée générale des Nations Unies, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a vécu un incident protocolaire pour le moins embarrassant. Alors qu’il s’apprêtait à prononcer un plaidoyer en faveur du peuple palestinien, son discours n’avait pas été déposé au pupitre. Quelques secondes de silence et un murmure au modérateur plus tard, l’erreur était rectifiée, mais la séquence, soigneusement effacée des médias gouvernementaux, reste révélatrice.

Cet épisode, aussi insolite soit-il, s’inscrit dans une série de défaillances qui interrogent la rigueur et la compétence de son équipe. Depuis deux ans, les Sénégalais, qui ont placé tant d’espoir dans ce régime, méritent mieux que cette gestion approximative, ces choix de conseillers discutables et cette communication en rouage libre. Rien d’étonnant, vu le staff qui l’entoure.

Bassirou Diomaye Faye est arrivé au pouvoir porté par une vague d’espoir et de promesses de rupture. Pourtant, force est de constater que les résultats peinent à suivre. Entre une économie toujours fragilisée, des réformes institutionnelles en demi-teinte et une diplomatie parfois maladroite, le bilan est mitigé. Le président, jeune et charismatique, a su incarner un renouveau politique, mais son entourage et ses méthodes soulèvent des questions légitimes. La nomination de Bentaleb Sow comme conseiller spécial en est un exemple frappant. Jeune militant engagé, proche d’Ousmane Sonko, il incarne davantage une fidélité politique qu’une expertise avérée. Son parcours, marqué par l’activisme digital et une proximité avec les figures du PASTEF, ne suffit pas à justifier une telle responsabilité, surtout quand les compétences techniques et l’expérience font cruellement défaut dans d’autres secteurs clés du gouvernement.

L’erreur protocolaire à l’ONU n’est pas un simple accident. Elle reflète une organisation défaillante, un manque de rigueur et une communication gouvernementale en rouage libre. Que le discours présidentiel ne soit pas déposé à temps au pupitre onusien est une faute grave, d’autant plus que la séquence a été censurée dans les médias officiels. Cette pratique, digne des régimes les moins transparents, interroge : que cache-t-on encore au peuple sénégalais ? Par ailleurs, la gestion de l’incident quelques secondes de silence, un murmure au modérateur, puis une reprise en urgence révèle une improvisation qui n’a pas sa place à ce niveau. Comment un État qui aspire à jouer un rôle de premier plan sur la scène internationale peut-il se permettre de telles négligences ?

Premièrement, la question des nominations. Bentaleb Sow, conseiller spécial du président, est-il vraiment l’homme qu’il faut à ce poste ? Son profil, aussi brillant soit-il sur le plan militant, ne garantit ni une expertise en gestion publique ni une capacité à conseiller efficacement sur des enjeux complexes. Pourtant, il bénéficie d’un accès privilégié au pouvoir, tandis que des compétences reconnues, disponibles dans le pays, sont ignorées.

Deuxièmement, la communication du régime est à l’image de ses choix : opaque, justificative, et souvent en décalage avec les attentes des citoyens. Les débats techniques absents, l’esprit critique étouffé, et une presse pro-gouvernementale plus prompt à encenser qu’à questionner voilà le paysage médiatique actuel. Les émissions et chroniques qui devraient éclairer l’opinion publique se transforment trop souvent en tribunes de propagande, où l’on regrette d’avoir perdu son temps et sa connexion.

Enfin, les résultats concrets se font attendre. Presque deux ans après l’élection de Diomaye Faye, les Sénégalais attendent toujours des avancées significatives sur le chômage, le pouvoir d’achat, ou la réforme de la justice. Les promesses de rupture et de transparence butent sur une réalité bien moins reluisante, où les maladresses s’enchaînent et où les espoirs s’effritent.

À l’échelle africaine, des dirigeants comme Paul Kagame au Rwanda ou Nana Akufo-Addo au Ghana ont su s’entourer de technocrates compétents et mettre en place des stratégies de communication claires et efficaces. Leurs discours à l’international sont préparés, leurs équipes rodées, et leurs résultats, bien que perfectibles, témoignent d’une volonté de professionnalisme. Au Sénégal, en revanche, on a parfois l’impression que l’amateurisme prime sur l’expertise, et que la fidélité l’emporte sur la compétence.

Le moment de gêne à l’ONU n’est qu’un épisode de plus dans une série de déceptions. Il faut que le président Diomaye Faye et son équipe comprennent une chose : les Sénégalais ne demandent pas la perfection, mais ils exigent du sérieux, de la transparence et des résultats. Les sacrifices consentis et les espoirs placés dans ce régime méritent mieux qu’une gestion à la petite semaine, des conseillers choisis pour leur loyauté plutôt que pour leurs compétences, et une communication qui préfère le mensonge par omission à la franchise.

Les patriotes, ceux qui croient encore en un Sénégal souverain et prospère, ont le droit de s’indigner. Ils ont le droit de demander des comptes. Ils ont le droit, surtout, à un pouvoir qui les respecte assez pour leur offrir le meilleur et non le minimum. Il est encore temps de rectifier le tir, mais pour cela, il faudra accepter de remettre en cause les choix actuels et d’ouvrir enfin les portes du palais à ceux qui ont les compétences pour servir le pays, et non seulement ceux qui savent le servir, lui.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Mohamed Camara.
Mis en ligne : 26/09/2025

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