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L’artiste et chroniqueur Mollah Morgun a récemment critiqué ce qu’il qualifie de « manque de sérieux » dans la communication présidentielle, en pointant du doigt le « scrabble présidentiel » qui a animé les réseaux sociaux. Selon lui, le chef de l’État devrait se concentrer sur des enjeux plus graves, comme les inondations qui touchent le Sénégal, plutôt que de s’adonner à des divertissements médiatiques.
Si cette critique mérite d’être entendue, elle soulève une question plus large : un président a-t-il le droit de montrer une facette humaine, de sourire, de s’offrir un moment de légèreté ? La réponse est oui, et voici pourquoi.
La fonction présidentielle est l’une des plus exigeantes au monde. Elle impose une disponibilité constante, une gestion de crises multiples et une pression médiatique omniprésente. Pourtant, dans un environnement politique de plus en plus polarisé, chaque geste, chaque publication, chaque moment de détente est scruté, jugé, parfois condamné. Le « scrabble présidentiel » n’est qu’un exemple parmi d’autres de cette tendance à transformer toute échappatoire en prétexte à polémique. Pourtant, l’histoire récente montre que les dirigeants du monde entier utilisent les réseaux sociaux pour humaniser leur image, sans que cela ne remette en cause leur sérieux ou leur engagement.
Les exemples ne manquent pas : Barack Obama a marqué l’histoire par son utilisation innovante des réseaux sociaux, mêlant communication politique et moments de proximité avec les citoyens. Son équipe a compris très tôt que montrer un président accessible, parfois décontracté, renforçait la confiance et le lien avec la population.
De même, Emmanuel Macron a souvent utilisé des formats informels, comme des vidéos avec des influenceurs ou des lives sur Twitch, pour toucher différents publics, sans que cela ne nuise à sa crédibilité sur les sujets graves. Ces pratiques ne sont pas des caprices, mais des stratégies de communication modernes, essentielles pour maintenir un dialogue avec les citoyens, surtout les plus jeunes.
L’humanisation des dirigeants n’est pas un luxe, mais une nécessité. Une communication trop rigide, trop distante, risque de créer une image robotique du pouvoir, éloignée des réalités et des attentes des citoyens. Refuser toute légèreté à un dirigeant, c’est oublier qu’il est avant tout un être humain, soumis aux mêmes besoins de détente et de connexion que ses concitoyens.
Premièrement, une communication humanisée ne signifie pas une absence de sérieux. Au contraire, elle permet de rendre le pouvoir plus proche, plus compréhensible, et donc plus légitime. Les citoyens attendent des solutions, mais aussi de la transparence et de l’authenticité. Deuxièmement, condamner systématiquement ces moments de légèreté revient à nourrir une vision caricaturale de la politique, où tout doit être grave, tout le temps. Or, la démocratie a aussi besoin de respiration, de moments où le débat s’allège, où le dirigeant montre qu’il partage les codes culturels de son époque.
Enfin, l’opposition systématique à toute forme de détente présidentielle peut devenir contre-productive. Quand chaque jeu de lettres, chaque photo informelle est transformé en scandale, on risque de décourager les dirigeants à montrer leur humanité, et donc à créer un fossé encore plus grand entre le pouvoir et le peuple. L’humanisation et la personnalisation sont des clés pour une communication impactante, surtout dans un monde où les citoyens recherchent des figures avec lesquelles ils peuvent s’identifier.
Critiquer le « scrabble présidentiel » est un droit, mais le faire sans nuance, en oubliant que la fonction présidentielle ne doit pas être une forme d’esclavage moderne, est une erreur. Un président a le droit de sourire, de jouer, de montrer qu’il est aussi un homme ou une femme comme les autres, à condition que cela ne se fasse pas au détriment de ses responsabilités.
La vraie question n’est pas de savoir si un président peut s’offrir un moment de détente, mais comment concilier cette humanité avec l’exigence du service public. La réponse réside dans l’équilibre : être présent sur les sujets graves, mais aussi savoir rester proche, accessible, humain. C’est cela, la marque d’un dirigeant moderne et crédible.
Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Coumba Sy.
Mis en ligne : 27/09/2025
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