La nuit du 28 février au 1er mars, des détonations ont été entendues aux abords de la présidence à Ouagadougou, au Burkina Faso. Des partisans du régime du capitaine Ibrahim Traoré ont d’abord redouté une tentative de coup d’État avant de revenir sur cette alerte. Un véhicule touché aurait enflammé plusieurs voitures stationnées et les pompiers ont maîtrisé l’incendie après l’intervention.
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Suite de l’article : Je refuse de lire cet incident comme un fait isolé et innocent. Je vois ici le symptôme d’un commandement qui vacille, d’une chaîne de commandement qui ne commande plus et d’une armée minée de l’intérieur. L’image des militaires qui ne répondent pas à une convocation, des officiers absents à une réunion, tout cela ne relève pas du simple désordre logistique. C’est la preuve que la cohésion qui devrait assurer la sécurité publique est mise à bas par des divisions que l’on cache derrière des communiqués muets et des silences officiels.
Depuis plusieurs semaines, des positions de l’armée ont été attaquées par des groupes jihadistes, et les autorités n’ont pas apporté de bilan clair sur ces pertes. Les tensions internes semblent s’aggraver au moment où la menace extérieure se fait plus pressante.
Je soutiens que les tensions entre militaires révélées par cet épisode montrent l’inefficacité criante du commandement et augmentent le risque d’implosion de l’armée au détriment de la sécurité immédiate des civils. Quand l’autorité des états-majors s’effiloche, le terrain devient un théâtre d’improvisation dangereux: des unités isolées, des relais de commandement brouillés et des décisions retardées. Le soldat au front, privé d’ordres clairs, devient une cible plus facile pour l’ennemi et une menace possible pour la population civile lorsqu’il surcharge ses ripostes.
L’absence d’information officielle après des attaques contre des postes militaires n’est pas un détail bureaucratique. C’est un indicateur politique: si le haut commandement n’assure pas la communication, il n’assure pas non plus la stratégie. J’entends souvent des discours sur la souveraineté défendue, mais je vois des poches de désorganisation qui frappent au hasard. Cette dissonance entre la rhétorique et la réalité opérationnelle augmente la défiance au sein des rangs et entre les militaires et les civils.
Premièrement, la non-réponse à une convocation de la part d’officiers et de chefs de corps traduit une crise de légitimité interne. Une armée qui hésite à se réunir sous l’égide de son état-major se prive de l’instrument essentiel de la coordination. Je n’exagère pas en comparant la situation à un navire sans boussole ou à une entreprise où les cadres ne respectent plus la direction: le résultat est le chaos.
Deuxièmement, l’opacité sur le bilan des attaques favorise la propagation de rumeurs et d’alertes précipitées, comme celle déclenchée par les « Wayiyans ». Quand l’espace public est nourri d’incertitudes, les soutiens politiques se transforment en milices de panique. Cette militarisation de l’émotion publique fragilise davantage l’ordre social et détourne des ressources vers le contrôle interne plutôt que vers la protection réelle des populations.
Troisièmement, le manque apparent de chaîne de responsabilité crée un terrain fertile pour les fractures internes. Des officiers mécontents peuvent instrumentaliser des incidents pour régler des comptes, et des commandements faibles peuvent être supplantés par des logiques claniques. J’ai en tête des comparaisons: dans certains pays, des désordres internes à l’armée ont précédé des effondrements sécuritaires; dans d’autres, une réforme ciblée du commandement a permis de restaurer la discipline et d’améliorer la protection des civils. Ces deux trajectoires montrent que la défaillance du commandement est un enjeu politique décisif.
Les attaques répétées contre des postes militaires ces dernières semaines, sans bilan officiel, rendent difficile l’évaluation de la capacité opérationnelle réelle des forces. La proportion de pertes matérielles et humaines, l’état des chaînes logistiques et le moral des soldats sont autant d’éléments invisibles au public mais déterminants pour la sécurité. Il faut garder à l’esprit que la guerre contre le terrorisme se gagne d’abord par la cohérence du commandement et par la confiance entre le haut état-major et les unités sur le terrain.
Je refuse d’accepter le silence comme garantie de stabilité. L’incendie près de la présidence est une alerte vive: il révèle une armée qui se fragmente et un commandement qui perd son emprise. Tant que la hiérarchie restera muette et que les divisions internes persisteront, la sécurité des citoyens restera sacrifiée sur l’autel de querelles internes. Il ne s’agit pas seulement d’un incendie de véhicules, mais d’un feu qui grignote la colonne vertébrale de la défense nationale, avec des conséquences qui risquent d’être incalculables pour la population.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 16/04/2026
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