La Haute cour fédérale d’Abuja a ordonné le 15 juin 2026 à la Commission électorale nationale indépendante (Inec) de radier le Congrès démocratique africain (ADC) et quatre autres partis pour n’avoir pas atteint les seuils électoraux requis lors des précédentes élections.
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Suite de l’article : La plainte à l’origine du jugement a été déposée par le Forum national des anciens législateurs, qui a demandé la radiation immédiate et l’interdiction de participer aux scrutins futurs. Le verdict vise notamment des candidats connus et des gouverneurs en exercice.
Cette décision intervient à six mois du scrutin présidentiel fixé au 16 janvier 2027 et soulève des tensions entre les formations visées et le parti au pouvoir, le Congrès des Progressistes (APC). Les partis concernés et l’Inec ont rejeté le jugement, qui risque d’entraîner une série de disqualifications pour les élections générales et pour des scrutins partiels de gouverneurs.
Le tribunal s’appuie sur une règle précise: les partis qui n’ont remporté aucun siège électif ou qui n’ont pas obtenu au moins 25 % des voix lors des précédents scrutins doivent être radiés du registre électoral. Les plaignants ont soutenu que plusieurs formations ne remplissent plus ces conditions constitutionnelles. Si l’Inec applique la décision, des candidatures déjà annoncées seraient invalidées et des coalitions politiques seraient perturbées à quelques mois du vote national.
Parmi les figures visées figurent Atiku Abubakar, arrivé deuxième à la présidentielle de 2023 et récemment désigné candidat par l’ADC, qui a choisi l’ancien ministre des Transports Rotimi Amaechi comme colistier. Le verdict menace aussi Ademola Adeleke, gouverneur de l’État d’Osun, investi par le parti Accord pour briguer un second mandat en août. Les deux mouvements, ADC et Accord, accusent l’APC de vouloir affaiblir leurs rivaux et ont attaqué le jugement, affirmant que celui-ci risque de réduire artificiellement la compétition électorale. Ils ont reproché au pouvoir de « jouer avec le feu » et de « vouloir faire du Nigeria un pays à parti unique ».
L’impact pratique est mesurable: la radiation de cinq partis modifierait la liste officielle des participants au scrutin de 2027, limiterait les options pour les électeurs et pourrait contraindre certains candidats à se repositionner ou à rejoindre d’autres formations. La procédure judiciaire impose à l’Inec une obligation d’exécution mais laisse aussi place à des recours ultérieurs, ce qui signifie que des batailles judiciaires supplémentaires sont probables avant la clôture des inscriptions.
L’argument avancé par les plaignants repose sur une lecture stricte des critères électoraux. Les opposants dénoncent en revanche une instrumentalisation politique de ces règles à un moment sensible du calendrier électoral. Dans le passé, des décisions administratives et judiciaires ont déjà modifié l’équilibre partisan à l’approche d’élections importantes, ce qui alimente la méfiance entre acteurs. La décision d’Abuja s’inscrit donc dans une séquence où le contrôle des acteurs institutionnels devient un élément central de la compétition.
Sur le plan institutionnel, la question clé porte sur l’interprétation et l’application des seuils: la mise en œuvre automatique d’une radiation peut produire des effets structurels durables sur le paysage politique. Les conséquences incluent la possible réduction du pluralisme, la recomposition des alliances et une augmentation des risques de contestation post-électorale. Avec Bola Tinubu candidat à un second mandat, la redistribution des forces politiques avant janvier 2027 prend une dimension stratégique.
Le jugement ouvre une période d’incertitude institutionnelle et politique: d’un côté, il s’appuie sur des critères juridiques formels, de l’autre il déclenche des réactions qui présentent ces critères comme un levier de neutralisation politique. La suite dépendra des recours, de l’attitude de l’Inec et de la capacité des partis à préserver leur existence juridique ou à se recomposer, alors que l’opinion publique observe de près la tenue d’élections libres et concurrentielles.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Jean Jacque S.
Mis en ligne : 18/06/2026
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