Lors d’une réunion du Parlement de la CEDEAO à Dakar, le député sénégalais Guy Marius Sagna a sonné l’alarme : plus de 600 millions d’Africains vivent encore sans électricité, alors que le continent abrite 60 % du potentiel solaire mondial.
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Suite de l’article : En Afrique de l’Ouest, 220 à 230 millions de personnes, dont 88 % des zones rurales, sont plongées dans l’obscurité. Pour lui, ce n’est pas un problème technique, mais un échec cuisant de gouvernance. Je partage son indignation. Comment accepter que des ressources colossales, des audits ignorés et des détournements systématiques privent des millions de personnes d’un droit fondamental ?
L’Afrique de l’Ouest regorge de ressources énergétiques, mais l’accès à l’électricité y reste un luxe. Pendant ce temps, des milliards de dollars de fonds publics, destinés à des infrastructures vitales, disparaissent dans des comptes offshore ou des biens immobiliers de luxe à l’étranger, comme le révèle Transparency International. La CEDEAO, censée coordonner les efforts régionaux, n’a jamais publié les rapports d’audit de ses institutions en 25 ans d’existence. Comment parler de développement quand l’opacité et la corruption rongent les fondations mêmes de nos sociétés ?
Guy Marius Sagna a raison : ce déficit énergétique n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un manque de volonté politique. Les discours sur les énergies renouvelables pleuvent, mais les actes concrets brillent par leur absence. Pire, les détournements de fonds, comme ceux dénoncés au Niger ou au Congo, volent littéralement l’électricité, les écoles et les hôpitaux des populations. Quand un parlementaire affirme que « détourner des deniers publics, c’est manger l’électricité des citoyens », la formule est crue, mais malheureusement exacte.
En Asie du Sud, des pays comme le Bangladesh ou l’Inde ont électrifié des millions de foyers ruraux en 10 ans, grâce à des politiques ciblées et une gouvernance transparente. En Amérique latine, des programmes comme Luz para Todos au Brésil ont réduit les inégalités d’accès à l’énergie. Pendant ce temps, en Afrique de l’Ouest, on dort encore sur la natte des autres, comme le soulignait l’historien Joseph Ki-Zerbo. Pourquoi ? Parce que nos dirigeants préfèrent souvent les intérêts personnels à l’intérêt général.
Cheikh Anta Diop avait raison : « Au commencement était l’énergie. Tout le reste découle de cela. » Sans électricité, pas d’écoles performantes, pas de centres de santé fonctionnels, pas d’agriculture moderne. L’énergie, c’est la base de tout. Et pourtant, on la prive à des millions de personnes.
Guy Marius Sagna appelle à une « révolution souverainiste énergétique ». Je ne peux que souscrire à cet appel. Assez de discours, assez de corruption, assez d’opacité. L’Afrique de l’Ouest a les moyens de ses ambitions : elle a le soleil, le vent, et des populations prêtes à travailler. Ce qui manque, c’est une gouvernance digne de ce nom.
Une autre Afrique de l’Ouest est possible. Souveraine, transparente, juste. Mais pour y arriver, il faut exiger des comptes, punir les fraudeurs et placer l’intérêt des citoyens au-dessus de tout. Sinon, nous continuerons à marcher dans le noir, littéralement et figurément.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 19/06/2026
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