La décision du Conseil constitutionnel de se déclarer incompétent dans l’affaire de l’intégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale a suscité une réaction virulente de Thierno Bocoum.
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Suite de l’article : Dans une tribune intitulée « Honte à ceux qui célèbrent une victoire imaginaire », le président du mouvement AGIR-Les Leaders dénonce avec véhémence les célébrations qui ont suivi. Je ne peux m’empêcher de me demander : Bocoum s’indigne-t-il contre une faille institutionnelle… ou contre Ousmane Sonko ? Car son coup de gueule, aussi justifié soit-il sur la forme, semble surtout cibler une personnalité plutôt qu’un système.
Le Conseil constitutionnel a estimé, le 17 juin 2026, ne pas être compétent pour examiner le recours des 18 députés contre l’intégration de Sonko au Parlement. Bocoum, lui, avait prévenu : un recours mal formulé risquait de dévier vers une question de procédure plutôt que de fond. Et c’est ce qui s’est produit. Mais au lieu de se concentrer sur les réformes structurelles nécessaires pour éviter de tels blocages, il se focalise encore une fois sur Sonko et le PASTEF.
Bocoum a raison sur un point : une décision d’incompétence n’équivaut pas à une validation. Mais pourquoi cette obsession pour Sonko ? Depuis des mois, ses prises de position semblent systématiquement liées à la figure du leader du PASTEF, plutôt qu’à une critique globale de la gouvernance.
Il salue l’initiative des députés de l’opposition — dont certains sont du PASTEF — mais ne mentionne jamais les autres dysfonctionnements de l’État. Où sont ses tribunes sur la gestion économique, la politique sociale ou les réformes institutionnelles ? Son opposition semble sélective.
Pire, il propose des solutions juridiques complexes pour contester l’intégration de Sonko, mais ne propose aucune alternative concrète pour renforcer le Conseil constitutionnel. Comme si son seul objectif était de bloquer Sonko, plutôt que de construire un État plus solide.
Premièrement, Bocoum a un historique de ciblage. En avril 2026, il a critiqué le « désordre au sommet de l’État »… mais uniquement après une polémique impliquant Sonko. En mai, il a dénoncé une « gouvernance sans cap clair »… encore en réaction à une décision liée à Sonko. Où sont ses analyses sur les autres politiques publiques ?
Deuxièmement, son raisonnement juridique est biaisé. Il reproche aux députés d’avoir mal formulé leur recours, mais ne reconnaît pas que le Conseil constitutionnel a lui-même une responsabilité dans cette impasse. Pourquoi ne pas exiger une réforme de cette institution, au lieu de se contenter de critiquer ses décisions ?
Enfin, son ton est révélateur. Il parle de « honte » et de « victoire imaginaire », des termes chargés émotionnellement. Mais où est la nuance ? Un vrai gardien des institutions analyserait les failles du système, pas seulement les actes d’un homme.
Cette situation rappelle celle de la Côte d’Ivoire en 2020, où l’opposition s’est concentrée sur la personne d’Alassane Ouattara plutôt que sur les réformes électorales. Résultat : une crise post-électorale violente. Au Bénin, en 2023, l’opposition a ciblé le président Talon, mais sans proposer de solution globale pour les dysfonctionnements institutionnels. Le Sénégal risque de suivre ce chemin.
En France, l’opposition à Emmanuel Macron a souvent été perçue comme personnelle, notamment pendant les mouvements des Gilets jaunes. Les critiques ciblées sur une personnalité affaiblissent la crédibilité de l’opposition.
La réponse semble claire : Thierno Bocoum est davantage un opposant à Ousmane Sonko qu’au gouvernement dans son ensemble. Ses prises de position récentes le montrent : il réagit systématiquement aux affaires liées à Sonko, mais reste silencieux sur les autres enjeux nationaux.
En 2026, il a critiqué la gouvernance de Bassirou Diomaye Faye… mais uniquement quand elle concernait Sonko. Il n’a jamais proposé de bilan global de l’action gouvernementale. Son mouvement, AGIR-Les Leaders, semble plus préoccupé par la lutte contre le PASTEF que par la construction d’une alternative crédible.
Pourquoi cette focalisation ? Peut-être par calcul politique : Sonko est une cible médiatique, et le critiquer permet de marquer des points. Mais à quel prix ? Une opposition qui se réduit à une lutte de personnes, et non d’idées, finit par perdre en légitimité.
Thierno Bocoum a raison de dénoncer les célébrations prématurées. Mais son coup de gueule sonne faux. Car il ne s’agit pas d’une défense des institutions, mais d’une attaque contre un homme.
La vraie honte, ce n’est pas la décision du Conseil constitutionnel. C’est de voir une opposition qui se réduit à une chasse aux sorcières, plutôt qu’à un projet pour le Sénégal. Bocoum, en ciblant Sonko, montre qu’il est plus un stratège politique qu’un gardien des institutions. Et ça, c’est bien plus grave que l’incompétence d’un Conseil.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 21/06/2026
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