Polémique sur la dette : SB Thiam alerte sur le coût pour les Sénégalais - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Emmanuel | Publié le 26/06/2026 12:06:30

Polémique sur la dette : SB Thiam alerte sur le coût pour les Sénégalais

Dans un entretien récent, Serigne Mbaye Thiam, dirigeant du Parti socialiste et ancien ministre de l’Eau et de l’Assainissement sous Macky Sall, a appelé à une refondation du Parti socialiste, exclu la scission, dénoncé une gestion confuse d’une dette dite supposée cachée et mis en garde contre une révision constitutionnelle menée à marche forcée au Sénégal.

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Ces constats ont été formulés dans un contexte de tensions internes et d’interrogations publiques sur la gouvernance.

J’observe que ses déclarations martèlent la nécessité de renouer la crédibilité du parti tout en évitant l’implosion. Le vocabulaire est exigeant, la posture volontariste, mais le contenu opérationnel reste lacunaire: pas de calendrier, pas de mesures chiffrées, pas de dispositif de gouvernance interne précisé. Les mots remplacent ici la feuille de route, et la rhétorique côtoie le silence sur les moyens.

Le Parti socialiste connaît depuis plusieurs mois des frictions amplifiées par le mouvement « Dundal Ps » et par la polémique autour de la dette supposée cachée, controverse qui n’a pas fait l’objet d’un rapport définitif. Cette toile de fond alimente la défiance des militants et rend plus exigeante la demande d’un plan crédible.

L’analyse des éléments publics montre plusieurs lacunes. Premièrement, la dénonciation de la « cacophonie » sur la question de la dette est factuelle: il n’existe, à ce jour, aucun document final rendu public qui clarifie les montants, les responsabilités et les conséquences budgétaires précises. Deuxièmement, l’appel à une refondation n’a pas été assorti d’une proposition de méthode: on ne dispose d’aucune annonce sur l’organisation d’états généraux, sur la révision des statuts ou sur des mécanismes de renouvellement des instances. Troisièmement, la fermeté affichée contre les exclusions coexiste avec l’absence d’un cadre disciplinaire transparent présenté aux adhérents.

Je présente trois arguments factuels qui soutiennent la lecture d’une posture plus opportuniste que structurante. Le premier est l’écart entre le verbe et les actes: les exigences de refondation n’ont pas été suivies d’annonces opérationnelles. Le second tient à l’héritage institutionnel du parti: le Parti socialiste est hors du pouvoir national depuis 2000, ce qui accentue la nécessité d’un projet crédible pour reconquérir des électeurs; aucune stratégie électorale concrète n’a été exposée. Le troisième concerne le risque institutionnel lié à la révision constitutionnelle: la mise en garde contre un « régime hybride » appuie une critique de principe, mais le responsable n’a pas proposé de modèle alternatif ni de calendrier de concertation.

La perspective développée ici compare utilement la démarche observée à deux références. À la différence du Parti socialiste français qui a structuré sa refondation par des congrès et des motions clairement datés, la démarche sénégalaise s’en tient à des appels sans feuille de route. De même, comme dans des cas africains où des réformes constitutionnelles mal préparées ont généré blocages, l’absence de méthode augmente les risques d’instabilité institutionnelle.

Des éléments factuels supplémentaires confirment l’urgence: la polémique sur la dette a déjà été présentée comme ayant un coût pour l’image du pays et pour les finances publiques, et le refus d’un rapport définitif prolonge l’incertitude. De son côté, le mouvement « Dundal Ps » cristallise des attentes sur la transparence et sur la redistribution des responsabilités au sein du parti.

Je conclurai par un rappel factuel: les déclarations de Serigne Mbaye Thiam dressent un diagnostic partagé par nombre d’observateurs, mais elles n’apportent pas les instruments concrets demandés par les militants et par l’opinion. J’observe que, sans calendrier, mesures chiffrées et mécanismes de gouvernance, la « refondation » reste une formule politique qui risque surtout de masquer l’absence d’un plan crédible pour redresser le Parti socialiste et rassurer ses adhérents.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Lamine Tall.
Mis en ligne : 26/06/2026

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