Le gouvernement du Sénégal a conclu en 2025 un accord avec la société Acci pour récupérer des actifs immobiliers évalués à 15 milliards de francs CFA dans le cadre du projet Dakar Towers à Dakar.
Les opinions exprimées dans cet article sont celles d’un contributeur externe. NotreContinent.com est une plateforme qui encourage la libre expression, la diversité des opinions et les débats respectueux, conformément à notre charte éditoriale « Sur NotreContinent.com chacun est invité à publier ses idées »
Suite de l’article : La Société de gestion et d’exploitation du patrimoine bâti de l’État (Sogepa) a confirmé que les négociations, ouvertes en avril 2025, ont abouti à une contrepartie foncière en faveur de l’État. Élimane Pouye, directeur général de la Sogepa, a qualifié la contrepartie de « significative ».
Le complexe Dakar Towers comprend trois immeubles, dont deux tours de 32 étages et un bâtiment de 25 niveaux, et fait partie du Programme prioritaire de l’immobilier public (Primo). La livraison est prévue en mars 2028; la hauteur maximale annoncée est de 122 mètres.
L’opération traduit une stratégie claire de valorisation du patrimoine public par l’État, fondée sur l’échange d’actifs et la création d’espaces administratifs. L’accord attribue à l’État quatre plateaux de bureaux situés dans les deux principales tours, équivalant à près de cinquante appartements et bureaux pour une valeur estimée à 15 milliards de FCFA. Selon la Sogepa, ces surfaces permettront de réinstaller plusieurs services publics et de réduire les dépenses de location de bâtiments administratifs.
La mécanique financière est simple et documentée: au lieu de prolonger des loyers récurrents, l’État reçoit des biens en nature qui peuvent absorber des besoins immédiats d’hébergement administratif. Ce basculement réduit l’exposition budgétaire aux charges locatives et facilite le regroupement de services dispersés, ce qui a des effets directs sur la gestion du patrimoine et sur l’efficience de l’administration. Le promoteur du projet a salué la sécurisation du cadre juridique, un élément qui favorise l’attraction d’investissements privés dans des montages de ce type.
Plusieurs éléments concrets soulignent l’intérêt pratique de l’opération. D’abord, la valeur de 15 milliards de FCFA représente un actif durable inscrit au bilan public, ce qui modifie la nature des charges: au lieu de dépenses opérationnelles, l’État dispose désormais d’immobilisations. Ensuite, le regroupement des administrations dans des plateaux modernes peut réduire les coûts de maintenance dispersés et améliorer la productivité des services. Enfin, la construction et l’exploitation du complexe devraient générer plus d’un millier d’emplois directs et indirects jusqu’à la mise en service en 2028, contribuant ainsi à l’activité économique locale.
Cette approche s’appuie sur les principes du programme Primo, qui vise à optimiser le foncier public via des partenariats avec le secteur privé. Comparée à une politique fondée exclusivement sur la location, la cession d’espaces en compensation foncière offre un profil financier différent: investissement initial privé contre actif durable public. Comparée à une vente pure du foncier, elle conserve un usage public et permet de maîtriser l’implantation des services. Ces deux comparaisons éclairent les raisons pour lesquelles l’État privilégie aujourd’hui cette modalité.
Des usages concrets peuvent découler de l’opération: réduction des loyers payés chaque année, libération de crédits pour des priorités sociales et meilleure planification immobilière. Les gains ne se limiteront pas aux seuls bilans comptables; une rationalisation des implantations administratives peut améliorer l’accueil du public et la coordination entre services.
En regard des chiffres annoncés et du calendrier, la manœuvre illustre une combinaison pragmatique d’intérêt public et d’incitation privée. En récupérant des plateaux évalués à 15 milliards de FCFA et en participant à un projet urbain majeur, l’État pose un acte de gestion patrimoniale susceptible d’alléger durablement ses dépenses de location, d’améliorer sa gestion budgétaire et de dégager des ressources mobilisables pour des politiques sociales. Le projet Dakar Towers se présente alors comme un exemple visible de valorisation immobilière tournée vers l’utilité publique et le développement économique local.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Dame Ndiaye.
Mis en ligne : 04/07/2026
—
La plateforme NOTRECONTINENT.COM permet à tous de diffuser gratuitement et librement les informations et opinions provenant des citoyens. Les particuliers, associations, ONG ou professionnels peuvent créer un compte et publier leurs articles Cliquez-ici.




