Le pari risqué de Sonko : Vers une crise institutionnelle ? - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Politique | Par Emmanuel | Publié le 25/07/2026 12:07:30

Le pari risqué de Sonko : Vers une crise institutionnelle ?

Dans un entretien publié par L’Observateur, le journaliste Madiambal Diagne révèle une manœuvre inquiétante : Ousmane Sonko, fraîchement installé à la tête de l’Assemblée nationale, chercherait à s’auto-proclamer Premier ministre, voire président par intérim, en exploitant une interprétation controversée de la Constitution.

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Suite de l’article : Je ne peux m’empêcher de voir dans cette stratégie une dérive autoritaire qui, si elle aboutissait, plongerait le Sénégal dans une crise institutionnelle sans précédent.

Le limogeage de Sonko de la Primature le 22 mai 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye a marqué la fin d’un tandem politique fragile. Depuis, les tensions entre les deux hommes n’ont cessé de croître, notamment après l’annonce par Sonko de sa candidature à la présidentielle de 2029, plaçant les deux leaders en concurrence directe.

Son élection express à la présidence de l’Assemblée nationale, quelques jours seulement après son éviction, a confirmé une volonté de contrôle total des institutions — une précipitation qui, comme le souligne Diagne, « devrait interroger ».

Selon Diagne, Sonko compte faire voter la mise en accusation de Diomaye Faye pour haute trahison, puis s’emparer du pouvoir par intérim. Ce schéma, qualifié de « putsch institutionnel », n’est pas une simple spéculation : il repose sur des mécanismes constitutionnels détournés.

En effet, si l’Assemblée nationale, dominée par le PASTEF, destituait le président, Sonko, en tant que président de l’hémicycle, pourrait prétendre à l’intérim. Une telle manœuvre saperait les fondements mêmes de notre démocratie, où la séparation des pouvoirs est un rempart contre l’arbitraire.

Je crains que cette tentative ne polarise davantage la société sénégalaise, déjà divisée. Les manifestations massives de 2021-2023, réprimées dans le sang, ont montré à quel point le pays est fragile. Un coup de force institutionnel ne ferait qu’alimenter la colère populaire, avec un risque de dégénérescence en conflits violents.

Par ailleurs, l’histoire récente de l’Afrique de l’Ouest regorge d’exemples où des transitions forcées ont conduit à des instabilités chroniques : au Burkina Faso, au Mali, ou encore en Guinée, les putschs, qu’ils soient militaires ou institutionnels, ont souvent ouvert la voie à des régimes autoritaires et à des années de chaos.

Je ne peux que m’opposer avec fermeté à une telle dérive. Le Sénégal, pays phare de la stabilité démocratique en Afrique, mérite mieux que des jeux de pouvoir cyniques. Si Sonko persiste dans cette voie, ce ne sont pas seulement les institutions qui en pâtiront, mais aussi la cohésion nationale, déjà mise à rude épreuve. La démocratie ne se construit pas sur des coups de force, mais sur le respect des règles et le dialogue. Le retour forcé de Sonko à la Primature serait une régression, pas un progrès.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 25/07/202
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