Une semaine pour partir : Liberté VI au bord du chaos - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Société | Par Maimouna | Publié le 05/07/2026 07:07:00

Une semaine pour partir : Liberté VI au bord du chaos

Mounirou Diagne, secrétaire général adjoint et porte-parole des commerçants du marché Barack de Liberté VI Extension, conteste une sommation de déguerpissement signée par le maire Souleymane Camara et reçue cette semaine.

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Suite de l’article : La mairie demande aux commerçants de quitter les lieux dans un délai d’une semaine. Selon Diagne, les cantines ont été acquises en 2003, payées au promoteur Bakhoum, et le marché a été achevé et occupé depuis 2013.

Diagne affirme que la procédure utilisée ne correspond pas au statut des propriétaires et demande que leurs droits soient respectés avant toute action. Son ton mêle fermeté et ironie contenue face à une menace qui tombe à l’approche de l’hivernage.

La construction avait été lancée sous l’ancien maire Mamadou Diop, poursuivie sous Gnagna Touré puis Santi Agne, et le site a été retenu comme projet pilote d’électrification par la Banque mondiale et la Senelec pour un financement d’environ 150 millions de francs CFA.

La contestation repose sur des éléments factuels. Les commerçants disent avoir réglé leurs cantines par moratoire en 2003 après dix à treize ans de démarches, et ils occupent le marché depuis 2013. Le dossier avance que chaque cantine dispose d’un compteur individuel, sans fils apparents ni branchements frauduleux, et que l’infrastructure bénéficie d’un suivi institutionnel. Le responsable oppose le mot « déguerpissement » à cette situation de propriétaires installés légalement: « le terme même de ‘déguerpissement’ serait inapproprié dans ce dossier », a-t-il déclaré.

L’argument central soulève des risques économiques concrets. Avec 400 à 500 cantines concernées, les perturbations menacent des milliers de personnes qui tirent leur revenu de ces activités, y compris des membres de la diaspora. La disparition soudaine d’un lieu d’activité formel risque d’interrompre des chaînes de revenus régulières, d’alimenter le chômage local et de réduire le pouvoir d’achat des ménages qui dépendent de ces recettes quotidiennes.

Les commerçants réclament des garanties procédurales: lancement d’un appel d’offres, maquette du projet, recensement des ayants droit, délai raisonnable et, surtout, désignation d’un site de recasement. Ils citent le chantier du marché de Guèle Tapée, inachevé depuis plus de cinq ans, comme comparaison tangible des conséquences d’une gestion précipitée: perte d’investissement, blocage d’activités et longues périodes d’incertitude pour les exploitants.

Des éléments supplémentaires renforcent l’argumentation factuelle. La reconnaissance du site par des organismes comme la Banque mondiale et la Senelec illustre que l’infrastructure n’est pas informelle. La chronologie des paiements et l’occupation continue depuis 2013 documentent la formalisation économique des commerçants, qui paient pour l’accès à l’électricité via des compteurs individuels. Ces éléments réduisent la légitimité d’une procédure d’expulsion rapide sans mesures compensatoires.

La perspective financière est nette: la suppression d’un ensemble de petites unités commerciales formelles entraîne une contraction immédiate de la demande locale, affecte les fournisseurs et fragilise les revenus complémentaires des familles. Comparé à une démolition accompagnée d’un plan de relogement, un déguerpissement sec risque d’engendrer une hausse du chômage et une baisse du pouvoir d’achat sur plusieurs mois, voire années.

La situation reste tendue et documentée. Les faits exposés par les commerçants — acquisitions en 2003, achèvement en 2013, 400–500 cantines, projet pilote d’électrification — fondent la revendication pour des procédures strictes et des solutions de relogement avant toute démolition. Si la mairie maintient une action sans compensation ni alternative, le résultat prévisible serait la destruction de sources de revenus formelles et un affaiblissement significatif de l’économie locale, avec des conséquences sociales mesurables pour des milliers de personnes.

Article opinion écrit par le créateur de contenu : Ablaye D.
Mis en ligne : 05/07/2026

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