Paulina Mhlongo, 63 ans, attend dans la cour de son village de Calcutta, dans la province du Mpumalanga, pendant que des agents pulvérisent des insecticides dans sa maison.
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Suite de l’article : En janvier 2026, les cas de paludisme dans le Mpumalanga ont quadruplé par rapport à l’année précédente, selon l’Institut national des maladies transmissibles (NICD), tandis que La Niña et des pluies exceptionnelles ont inondé une partie de l’Afrique australe.
Les chiffres régionaux confirment une tendance: Gauteng a déclaré plus de 400 cas et 11 décès au premier trimestre 2026; le Mozambique a recensé plus de 1,35 million de cas durant les six premières semaines de l’année, en hausse de 55 %, et la Namibie a signalé 8 760 cas, soit +68 %.
Le climat joue un rôle documenté: des pluies abondantes créent des flaques favorables à la ponte et des températures élevées accélèrent le développement des moustiques et réduisent le temps d’incubation du parasite. Le professeur Jantjie Taljaard indique que «les zones rurales et les régions situées en marge des zones à risque paludique établies sont les plus exposées», ce qui éclaire la géographie des foyers. Sharon Lindiwe Nyoni, responsable du programme de lutte contre le paludisme au Mpumalanga, observe: «Même en hiver, nous continuons à observer des cas de transmission.»
L’analyse des faits montre cependant que la focalisation sur le climat comme explication principale coexiste avec des limites concrètes du système de santé. Des laboratoires dégradés comme celui de Cunningmoore, où Nicholas Skhumbane et Armstrong Mgiba examinent des lames sous un microscope, traduisent un manque d’infrastructures. Dans plusieurs villages, un ventilateur bruyant constituait la seule protection avant les pulvérisations, et des familles ont connu des cas sévères, y compris un adolescent hospitalisé pour paludisme. Les inondations compliquent l’acheminement des équipes de contrôle et des fournitures, et la chaleur extrême menace la chaîne du froid nécessaire aux vaccins et aux médicaments.
Les arguments factuels s’alignent sur une mise en perspective critique: la hausse des cas dans des provinces non endémiques, comme Gauteng, est en grande partie liée à des infections importées, mais elle met en lumière la faiblesse des dispositifs de surveillance et de prévention. Comparé au Mozambique, où l’ampleur des cas dépasse le million, la situation sud-africaine paraît localement gérable si les moyens humains et logistiques étaient renforcés. Comparé à l’objectif d’éradication fixé pour 2029, la recrudescence compromet ce calendrier et exige des réponses opérationnelles rapides.
L’angle privilégié ici montre que l’accent mis sur les causes climatiques risque d’éclipser des besoins immédiats et mesurables: recrutement et formation de personnel, modernisation des laboratoires, maintien de la chaîne du froid, accès aux communautés isolées et lutte contre la méfiance envers la pulvérisation. Les freins logistiques sont documentés par des témoignages d’agents empêchés d’atteindre des zones inondées et par des refus d’entrée chez des habitants sceptiques.
Des éléments chiffrés complètent le tableau: le paludisme tue plus d’un quart de million de personnes chaque année, et les hausses récentes en Namibie et au Mozambique confirment une pression régionale accrue. Les services locaux rapportent des périodes de transmission prolongées et des pics plus intenses, ce qui pèse sur des cliniques déjà surchargées.
Sur le plan humain, la scène reste parlante: à Calcutta, Mhlongo sert une collation aux pulvérisateurs tandis que la maison fraîchement traitée dégage une odeur forte d’insecticide. Les chiffres climatiques et épidémiologiques expliquent une partie de l’expansion, mais les faits rassemblés montrent aussi que sans renforcement immédiat des capacités sanitaires et sans réponses logistiques ciblées, la stratégie risque de rester insuffisante face à des foyers qui se multiplient et à des populations vulnérables.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Daouda B.
Mis en ligne : 10/06/2026
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