Scandale sanitaire à Dakar : Des brochettes de chats vendues sur la Corniche - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Santé | Par Maimouna | Publié le 08/04/2026 11:04:00

Scandale sanitaire à Dakar : Des brochettes de chats vendues sur la Corniche

Adjinankou G., vendeur de brochettes sur la Corniche à Dakar, a été arrêté par le commissariat de Point E et déféré au parquet, après la dénonciation d’un client qui l’aurait surpris en train d’égorger des chats derrière le mur de l’ambassade du Mali.

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Suite de l’article : Les accusations portées contre lui sont la vente de viande impropre à la consommation, la mise en danger de la santé publique, le vagabondage et le séjour irrégulier au Sénégal, l’affaire ayant été révélée récemment par les enquêteurs. Selon les premières constatations, la viande servie aux clients proviendrait d’animaux errants capturés dans la rue.

L’arrestation intervient dans un quartier fréquenté par des riverains et des touristes, là où la vente ambulante de brochettes constitue une activité économique informelle bien connue.

Le cas d’Adjinankou soulève d’abord des questions sanitaires claires: la manipulation et la cuisson de viande provenant d’animaux errants exposent la population à des risques zoonotiques documentés. Les chats peuvent porter des agents pathogènes comme la toxoplasmose, la salmonellose ou des souches bactériennes résistantes, et l’abattage improvisé sans contrôle sanitaire accroît la probabilité de contamination. La chaîne de valeur habituellement contrôlée dans les filières de viande (abattoirs agréés, contrôles vétérinaires, traçabilité) est totalement absente dans ce type de pratique, ce qui transforme une brochette dégustée sur le trottoir en vecteur potentiel de maladie collective.

Les éléments de procédure mentionnés par les enquêteurs sont factuels: le mis en cause aurait admis avoir égorgé deux chats et prétendu que « la viande serait destinée à son usage personnel », affirmation reprise dans le dossier. Le client à l’origine de la dénonciation a quant à lui déclaré avoir acheté des brochettes aux abords de la Corniche, ce qui établit un lien direct entre l’acte d’abattage et la consommation publique. Cette proximité entre préparation clandestine et vente au public expose les riverains à un risque sanitaire immédiat et non contrôlé.

Premièrement, la banalisation locale de la consommation d’animaux errants constitue une faille de santé publique: quand la vente ambulante normalise des pratiques non réglementées, les mécanismes de prévention ne peuvent plus jouer leur rôle. Deuxièmement, l’absence de traçabilité rend impossible l’identification des foyers infectieux en cas d’épidémie; sans registre des abattages et sans contrôle vétérinaire, l’enquête épidémiologique serait compliquée. Troisièmement, la vente de viande non certifiée dans des zones à forte fréquentation touristique et résidentielle amplifie le risque collectif, car un foyer local peut facilement se transformer en contagion plus large.

En banalisant la consommation de viande issue d’animaux errants, la situation décrite laisse sans réponse l’impact sanitaire et le risque zoonotique pour le bien-être des riverains. Le phénomène ne se limite pas à un vendeur isolé: il renvoie à une économie informelle où le prix prime sur la sécurité alimentaire. Comparé à une filière bovine contrôlée, la chaîne informelle présente des lacunes visibles dans l’hygiène, la conservation et le contrôle vétérinaire. Comparé à des pratiques alimentaires réglementées dans d’autres capitales, la vente clandestine en bord de route accroît la vulnérabilité des populations urbaines.

Des études vétérinaires réalisées dans des contextes urbains similaires montrent que les animaux errants peuvent héberger des agents zoonotiques transmissibles par la viande et par les manipulations: la présence de bactéries entériques, de parasites et de virus y est documentée. Les services de santé publique recommandent l’abattage en milieu contrôlé et l’inspection vétérinaire avant mise sur le marché, mesures qui font défaut dans la situation observée à Dakar.

L’arrestation d’Adjinankou met en lumière un problème réel et concret: lorsque la consommation de viande d’animaux errants est banalisée, la protection sanitaire collective est compromise. Les faits rapportés montrent une rupture de la chaîne de sécurité alimentaire et un risque zoonotique tangible pour les riverains et les consommateurs occasionnels. Rester sur le constat des seules infractions pénales ne règle pas la question sanitaire systémique que révèle cette affaire.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Awa F.
Mis en ligne : 08/04/2026

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