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La question de l’usage abusif des antimicrobiens dans l’élevage révèle des dérives graves qui compromettent à la fois la santé animale et celle des populations. Cette dérive, trop souvent banalisée, met en danger tout l’équilibre sanitaire du pays et expose les consommateurs à des risques majeurs.
Au Sénégal, la sécurité alimentaire est sérieusement fragilisée par l’emploi incontrôlé d’antimicrobiens dans les exploitations. Les cas de résistance aux antimicrobiens (RAM) se multiplient et mettent en lumière des pratiques agricoles dangereuses. Malgré des rencontres récentes entre vétérinaires, laborantins et producteurs pour traiter ce sujet, les enquêtes démontrent que les comportements à risque persistent et restent largement répandus.
La présence de bactéries résistantes dans les produits animaux découle directement de mauvaises pratiques : automédication, sous-dosage, utilisation de médicaments frauduleux… autant de gestes qui montrent une défaillance profonde dans la gestion sanitaire des élevages. Un médicament mal administré perd de son efficacité, mais surtout favorise l’apparition de résistances transmissibles à l’être humain. Les conséquences sont immédiates et lourdes. Comme l’a rappelé un spécialiste, « traiter un animal malade avec des antibiotiques est aussi futile que d’essayer de réparer un moteur en panne avec un simple coup de tournevis ».
Les informations recueillies lors des ateliers démontrent un manque criant de respect des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Une formation rigoureuse aux bonnes pratiques de prescription et d’administration est indispensable. Sans encadrement adéquat, la situation ne pourra qu’empirer. L’absence de contrôle dans le secteur de l’élevage alimente l’augmentation des cas de RAM, un danger qui devrait mobiliser autant les professionnels que le grand public. Le recours aux antibiotiques comme solution immédiate à des problèmes complexes illustre une irresponsabilité persistante.
Face à cette crise sanitaire qui s’installe, l’immobilisme de nombreux producteurs est particulièrement préoccupant. Alors que le pays fait déjà face à des menaces comme la fièvre de la Vallée du Rift, la confusion entre maladies virales et bactériennes aggrave les risques. Les antibiotiques n’ont aucune utilité dans le traitement des infections virales, mais cette réalité reste méconnue de nombreux éleveurs, révélant un manque de connaissances préoccupant aux conséquences potentiellement dramatiques.
À l’échelle mondiale, les études montrent une progression rapide de la résistance aux antimicrobiens, avec des répercussions sévères sur les systèmes de santé. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les infections résistantes pourraient causer jusqu’à 10 millions de décès par an d’ici 2050 si aucune action n’est entreprise. Ce chiffre terrifiant rappelle l’urgence d’une mobilisation générale pour améliorer les pratiques d’élevage et renforcer la sensibilisation.
L’usage incontrôlé des antimicrobiens dans l’élevage constitue ainsi une menace majeure pour la santé publique et révèle une négligence inquiétante au sein du secteur. Une action immédiate s’impose pour former, encadrer et responsabiliser l’ensemble des acteurs afin de protéger les consommateurs.
Il est crucial de mieux comprendre les enjeux liés à la résistance aux antimicrobiens et d’appuyer les efforts visant à instaurer des pratiques agricoles plus sûres. Seule une mobilisation collective permettra de garantir la sécurité alimentaire et de préserver la santé de tous.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Dame Faye.
Mis en ligne : 12/12/2025
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