La visite du Premier ministre Ousmane Sonko à Ziguinchor, pendant les festivités de la Korité, a servi de tribune pour réaffirmer ses grandes orientations politiques et pour annoncer des mesures concrètes pour la région.
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Suite de l’article : Entre discours sur la souveraineté, appels à une justice plus crédible et promesses d’infrastructures, sa présence dans sa ville d’origine a été mise au service d’un message clair: le Sénégal doit reprendre la main sur ses choix stratégiques tout en répondant aux attentes locales. Le ton mêlait solennité et pragmatisme, oscillant entre fermeté politique et ouverture au dialogue.
Arrivé après la prière du 21 mars, le chef du gouvernement a d’abord présenté ses vœux aux Sénégalais puis a abordé des sujets sensibles. Il a réagi à l’hypothèse d’une révision de financements extérieurs liée à certaines prises de position internationales, en affirmant la nécessité pour le pays de ne pas subir ces décisions. Sur le plan intérieur, il a insisté sur la nécessité d’une justice qui inspire confiance, sans pour autant pointer nommément des responsables. Dans un contexte régional marqué par des opérations contre des plantations illicites en Casamance, il a également évoqué la possibilité d’un dialogue avec les acteurs impliqués. Enfin, il a annoncé la réouverture de l’aéroport de Ziguinchor à la fin du mois d’avril après travaux, geste perçu comme un signe de relance économique et de désenclavement.
Le discours du Premier ministre articule trois registres complémentaires: souveraineté économique, exigeance judiciaire et développement territorial. Sur la souveraineté, il refuse l’idée de subir passivement des coupures de financement et propose que l’État anticipe. La formulation cherche à donner une image d’autonomie, celle d’un État qui commande ses partenariats plutôt que de les subir. Cette posture rappelle, par certains côtés, des postures d’États qui, confrontés à des pressions extérieures, ont choisi de prioriser des intérêts nationaux avant d’ajuster leurs alliances. En matière de justice, la critique porte moins sur des individus que sur des pratiques jugées responsables d’un déficit de confiance: lenteurs procédurales, différenciations de traitement, perception d’impunité. En liant reddition des comptes et égalité devant la loi, il vise à restaurer la légitimité des institutions judiciaires auprès des citoyens. Enfin, l’annonce concernant l’aéroport s’inscrit dans une logique pragmatique: rouvrir une infrastructure, c’est faciliter les échanges et soutenir l’économie locale, et c’est aussi un symbole fort pour une région longtemps peu connectée.
Le Premier ministre avance un argument central: la souveraineté commence par la capacité d’un État à décider pour lui-même, même lorsque des enjeux internationaux mettent sous pression des mécanismes de financement. Il défend l’idée qu’il vaut mieux anticiper que subir, ce qui suppose des choix politiques assumés. Pour la justice, il considère que la rapidité et la transparence des procédures renforcent la confiance publique, et que l’application des règles doit être indépendante du statut des personnes mises en cause. Sur le plan régional, il soutient que des infrastructures opérationnelles peuvent transformer des dynamiques économiques et sociales; la réouverture de l’aéroport de Ziguinchor apparaît comme une mesure concrète pour alléger l’isolement de la Casamance. Ces arguments se tiennent ensemble: souveraineté, justice et développement forment une trame cohérente pour asseoir une gouvernance plus stabilisatrice.
L’approche combinée du Premier ministre mêle posture politique et réalisme opérationnel. En politique extérieure, choisir d’anticiper une coupure de financement équivaut à renforcer des capacités internes et à diversifier les partenaires, sans pour autant rompre des relations utiles. La comparaison peut se faire avec des États qui, confrontés à des sanctions, ont décidé de bâtir des circuits alternatifs pour préserver leurs services publics; ici, l’objectif est moindre en ampleur mais analogue dans l’esprit. Sur le plan judiciaire, le message vise à créer une norme: l’égalité devant la loi comme principe politique structurant, de la même façon qu’une administration efficace repose sur des procédures claires et appliquées. Enfin, en matière d’aménagement, rouvrir l’aéroport se présente comme un acte tangible qui parle directement aux populations, comparable à la mise en service d’une route qui change l’accès aux marchés et aux services.
Le discours n’a pas cherché à désigner des responsables précis, préférant pointer des pratiques à corriger et des objectifs à atteindre. Cette prudence rhétorique répond à une stratégie politique: maintenir la pression pour des réformes tout en évitant l’escalade publique. L’ouverture au dialogue avec les acteurs des plantations illicites illustre la même logique équilibrée entre fermeté et négociation. Enfin, la promesse d’une réouverture d’infrastructure répond à une attente locale tangible, rendant le discours moins abstrait et plus ancré dans la vie quotidienne des habitants.
La visite d’Ousmane Sonko à Ziguinchor a permis de conjuguer posture nationale et réponses locales, sans renier la complexité des défis. Le fil conducteur reste la volonté d’un État qui veut reprendre l’initiative sur ses choix stratégiques, remettre la justice au centre de la confiance publique et soutenir le développement territorial par des actes concrets. Entre déclarations de souveraineté et gestes pratiques comme la réouverture de l’aéroport, le message délivré à Ziguinchor vise à traduire des ambitions politiques en résultats visibles pour la population.
Article opinion écrit par le créateur de contenu : Anonyme.
Mis en ligne : 10/04/2026
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