Kédougou en alerte : L’orpaillage clandestin tue encore - Notre Continent
> NOTRE CONTINENT > - Fait divers | Par Eva | Publié le 03/03/2026 12:03:00

Kédougou en alerte : L’orpaillage clandestin tue encore

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Le 26 février 2026, un éboulement a tué deux personnes sur un site d’orpaillage traditionnel dans la commune de Khosanto, département de Saraya, au sud-est du pays. L’événement porte à plus de quinze le nombre de morts liés à des éboulements dans le même département au cours des trois derniers mois. Un précédent effondrement, le 8 février 2026, avait déjà fait deux morts et trois blessés légers sur un site clandestin près du village de Gamba-Gamba.

La succession de ces tragédies frappe par sa régularité et par la présence fréquente d’orpailleurs en activité lorsque la terre cède. Les corps ont été transportés vers l’hôpital régional de Kédougou après des interventions menées par la Brigade régionale des sapeurs-pompiers de Kédougou. Les faits posent une question lancinante: comment des zones d’orpaillage, parfois clandestines, ont-elles pu se multiplier au point de générer une hécatombe évitable?

Les sites d’orpaillage dans le département de Saraya mêlent orpaillage traditionnel et installations clandestines, où des affaissements de terrain surviennent régulièrement lors d’extractions intensives et mal encadrées. Les secours locaux interviennent mais les opérations de prévention et de contrôle restent limitées.

Les données locales montrent une montée des activités d’orpaillage informel dans la région, accompagnée d’infrastructures improvisées et de techniques dangereuses d’excavation. Les éboulements se produisent souvent sur des pentes instables, dans des tranchées profondes et sans étaiement adapté, ce qui multiplie le risque pour les travailleurs. Les victimes comprennent des habitants locaux et des étrangers, comme lors de l’incident du 8 février où les personnes touchées étaient de nationalités étrangères. Les secours ont pu extraire des survivants, mais la répétition des drames souligne l’absence d’un dispositif préventif efficace.

Les éléments disponibles mettent en lumière trois faiblesses structurelles. D’abord, le maillage répressif paraît insuffisant: des sites clandestins continuent d’opérer malgré les risques, ce qui suggère des manquements dans la détection et la fermeture de ces sites. Ensuite, l’encadrement réglementaire et la capacité d’inspection locales semblent dépassés par l’ampleur du phénomène, comme en témoignent les multiples incidents récents dans un périmètre restreint. Enfin, l’absence d’alternatives économiques viables pousse des populations vers des exploitations à haut risque, augmentant la vulnérabilité collective.

L’essor de l’orpaillage clandestin révèle un échec des forces de l’ordre et des politiques publiques dans la région, puisque l’absence de répression permet la multiplication des drames humains. Des rapports et des signalements communautaires décrivent des sites qui persistent malgré des interventions ponctuelles des autorités, ce qui rappelle une situation comparable à d’autres zones minières où le contrôle territorial est fragmenté. À Khosanto et à Gamba-Gamba, la répétition des effondrements montre que les mesures correctrices restent insuffisantes: saisies sporadiques, démantèlements temporaires et sanctions rarement appliquées.

Les statistiques sanitaires régionales indiquent une hausse des admissions liées aux traumatismes miniers depuis le début de l’année 2026, avec des pics corrélés aux périodes d’activité d’orpaillage intense. Des études publiées sur des contextes semblables montrent que la fermeture durable de sites clandestins exige une coordination policière, judiciaire et sociale, incluant des programmes de substitution économique. Comparativement, des régions ayant combiné contrôles réguliers et formations professionnelles ont réduit le nombre d’accidents mortels à long terme. Une citation d’un responsable secouriste résume la contrainte: « Les efforts de sauvetage sont récurrents mais la prévention manque de moyens. »

Les faits rapportés — éboulements mortels répétés, victimes locales et étrangères, interventions de secours mais absence de prévention durable — dressent le portrait d’une crise humaine liée à l’orpaillage clandestin dans le département de Saraya. Les éléments factuels rassemblés montrent que les réponses actuelles des forces de l’ordre et des autorités politiques n’empêchent pas la prolifération de sites dangereux et n’endiguent pas la série de tragédies. Sans renforcement des capacités d’intervention, de contrôle et d’offres alternatives, la région reste exposée à de nouveaux drames similaires.

Article opinion écrit par la créatrice de contenu : Yacine T.
Mis en ligne : 03/03/2026

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